Petite réflexion d'économie que je ne pense pas avoir encore partagé…
… Concernant la capacité des marchés à s'auto-réguler.
À force de lire sur l'économie et la stratégie d'entreprise, il y a un phénomène naturel qui émerge :
* en Product Management, pour prioriser une évolution (nouvelle fonctionnalité ou nouveau produit), on s'appuie sur l'impact (si le problème résolu est bloquant et à quel point) et la portée (le nombre de personnes impactées). L'objectif étant de maximiser le bénéfice, on va forcément prioriser l'impact et la portée les plus grands.
* comme l'a très bien montré Friedman, plus la cible est large, moins notre produit est spécifique. Cela signifie qu'on laisse invariablement des insatisfaits sur le bas-côté. Ceux-ci constituent alors une manne pour des concurrents qui débuteront en segmentant leur marché de sorte à le rendre accessible.
Concrètement, on a une logique d'acteur majoritaire du marché (viser large) qui se complète avec une logique de nouvel entrant, qui a intérêt à viser un segment du marché pour s'y insérer.
Bon, le propos ne serait pas complet sans parler d'Innovators Dilemma, dont l'auteur explique qu'un acteur majoritaire du marché peut aussi développer une stratégie pour intégrer des technologies de rupture. Cela l'amène naturellement à s'intéresser à des segments spécifiques et chasser sur le même terrain que les nouveaux entrants…
Ces derniers conservent néanmoins une longueur d'avance du fait de la souplesse de leur organisation et leur faculté à pivoter rapidement.
À lire :
* Capitalism and Freedom de Milton Friedman
* The Innovators dilemma de CM Christensen
* Crossing the Chasm de Geoffrey A. Moore
Sur mon site :
https://faeries.space/writings/articles/economy/Capitalis…
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